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Rénovation énergétique : 91 900 logements aidés en 2024, comment en profiter à votre tour ?
16 Septembre 2026

Rénovation énergétique : 91 900 logements aidés en 2024, comment en profiter à votre tour ?

Les rénovations globales de logements explosent : 91 900 logements ont réalisé des travaux d’ampleur avec une aide de l’Anah (Agence nationale de l’habitat) en 2024, soit une hausse de 28 % en un an, pour 2,4 milliards d’euros de subventions. Plus de la moitié de ces logements étaient des passoires thermiques, c’est-à-dire très mal classées au DPE.

Derrière ces chiffres, une tendance claire se dessine : les aides à la rénovation énergétique se concentrent de plus en plus sur les travaux lourds, capables de faire vraiment remonter la note du DPE et de sortir un logement du statut de passoire. Si vous êtes propriétaire, bailleur ou copropriétaire, cela change concrètement la façon de préparer vos travaux et vos diagnostics.

Ce que montrent les chiffres 2024 sur les rénovations aidées

Les données publiées récemment par le Service des données et études statistiques (SDES) donnent une photographie très précise des rénovations importantes réalisées avec soutien public en 2024.

  • 91 900 logements ont engagé une rénovation d’ampleur (travaux importants, souvent sur plusieurs postes : isolation, chauffage, ventilation, etc.) avec une aide de l’Anah.
  • La progression est forte : +28 % de logements aidés en un an.
  • Au total, cela représente 2,4 milliards d’euros de subventions.
  • Le montant moyen des travaux est estimé à 41 500 euros par logement.
  • Le taux moyen de prise en charge par l’Anah atteint 63 % du coût des travaux.

Autrement dit, pour un chantier moyen de 41 500 euros, la part couverte par les aides tourne autour de 26 000 euros, le reste étant à la charge du ménage (épargne, prêt, etc.).

Qui profite aujourd’hui le plus des aides à la rénovation globale ?

Les chiffres montrent aussi à qui profitent principalement ces dispositifs, notamment MaPrimeRénov’ Ampleur (l’aide dédiée aux rénovations globales importantes).

  • Les ménages modestes concentrent 43 % des opérations réalisées via MaPrimeRénov’ Ampleur.
  • Les ménages plus aisés ne représentent que 12 % des opérations via ce même dispositif.
  • Les copropriétés pèsent lourd : elles représentent 42 % des rénovations d’ampleur aidées.
  • Le dispositif Loc’Avantages (qui encourage la mise en location à loyer modéré) ne représente que 3 % des rénovations.

Pour vous, cela signifie deux choses :

  • Si vous êtes propriétaire occupant modeste, les aides peuvent financer une grande partie d’un gros chantier, à condition de viser une vraie amélioration énergétique.
  • Si vous êtes copropriétaire, la rénovation globale de l’immeuble est de plus en plus soutenue financièrement, mais elle suppose de vous mobiliser en assemblée générale, avec un diagnostic énergétique et un projet collectif.

Passoires thermiques : plus de la moitié des logements aidés

Le DPE (diagnostic de performance énergétique) est au cœur du dispositif. Les aides se concentrent clairement sur les logements les plus énergivores, ceux qu’on appelle les passoires thermiques (généralement classés F ou G au DPE).

  • 46 800 passoires thermiques ont été rénovées en 2024 grâce aux aides de l’Anah.
  • Ces passoires représentent 51 % des logements aidés.
  • Pour les bénéficiaires de MaPrimeRénov’ Ampleur, cette part monte à 74 % : près de 3 rénovations globales sur 4 concernent donc une passoire thermique.

La logique est claire : plus votre logement est mal classé au DPE, plus il est prioritaire pour les aides, à condition d’engager des travaux suffisants pour améliorer sensiblement la performance énergétique.

La tendance qui se dessine pour les prochaines années

Sans annoncer de nouvelle règle précise, ces chiffres laissent entrevoir plusieurs évolutions probables à court terme pour les particuliers.

1. Des aides de plus en plus ciblées sur les rénovations globales

Avec un montant moyen de 41 500 euros de travaux et un taux de prise en charge de 63 %, le message est clair : les pouvoirs publics encouragent les rénovations complètes, basées sur un audit énergétique (étude détaillée des travaux à faire pour améliorer le DPE), plutôt que les petits gestes isolés.

Il devient donc de plus en plus intéressant de :

  • faire réaliser un DPE à jour pour connaître la classe exacte de votre logement ;
  • enchaîner, si besoin, avec un audit énergétique pour définir un parcours de travaux cohérent.

2. Une pression croissante sur les passoires thermiques

Le fait que 51 % des logements aidés, et 74 % via MaPrimeRénov’ Ampleur, soient des passoires thermiques confirme une priorité : sortir ces logements de la catégorie F ou G.

De manière générale, on peut s’attendre à ce que :

  • les bailleurs de logements très mal classés soient de plus en plus incités à rénover pour continuer à louer sereinement ;
  • les propriétaires occupants de passoires thermiques aient tout intérêt à anticiper, pour éviter une décote à la revente et des factures d’énergie qui restent élevées.

3. Une montée en puissance des projets en copropriété

Le fait que 42 % des rénovations d’ampleur concernent des copropriétés montre que les grands ensembles et immeubles collectifs sont en train de rattraper leur retard.

Concrètement, si vous vivez en immeuble :

  • vous avez de plus en plus de chances de voir apparaître à l’ordre du jour de l’assemblée générale des sujets comme l’audit énergétique, le plan pluriannuel de travaux, l’isolation de la façade ou de la toiture ;
  • les aides peuvent couvrir une part importante du coût, mais nécessitent souvent un DPE collectif ou un audit pour monter le dossier.

Comment anticiper dès maintenant si vous êtes propriétaire ou bailleur ?

Au vu de ces tendances, vous pouvez déjà prendre plusieurs décisions concrètes, sans attendre un durcissement futur.

1. Faites le point sur le DPE de votre logement

  • Si votre logement n’a pas de DPE récent ou si le diagnostic date d’avant les dernières évolutions de la méthode, faites-le actualiser.
  • Si votre logement est classé F ou G, considérez-vous comme prioritaire pour les aides à la rénovation d’ampleur.

2. Envisagez un audit énergétique pour un vrai plan de travaux

L’audit énergétique (plus détaillé qu’un DPE) permet de :

  • identifier les travaux les plus efficaces (isolation, changement de chauffage, ventilation, etc.) ;
  • simuler le gain de classe DPE après travaux ;
  • monter un dossier d’aide cohérent, notamment dans le cadre de MaPrimeRénov’ Ampleur.

3. Anticipez en copropriété

Si vous êtes copropriétaire :

  • renseignez-vous sur les diagnostics déjà réalisés (DPE collectif, audit, plan pluriannuel de travaux) ;
  • si rien n’est lancé, vous pouvez proposer au syndic d’inscrire à l’ordre du jour la réalisation d’un diagnostic énergétique ou d’un audit de l’immeuble ;
  • préparez-vous à voter des travaux, en gardant à l’esprit que les aides peuvent en couvrir une grande partie.

Conclusion : diagnostics et aides, un duo à activer sans attendre

Avec 91 900 logements rénovés d’ampleur en 2024, 2,4 milliards d’euros de subventions, un montant moyen de 41 500 euros de travaux et un taux de prise en charge de 63 %, la rénovation énergétique change d’échelle. Les ménages modestes et les copropriétés en profitent déjà massivement, et les passoires thermiques sont clairement la cible prioritaire.

Pour ne pas rester au bord de la route, la première étape reste la même pour tous : un DPE fiable, puis, si nécessaire, un audit énergétique pour bâtir un projet de rénovation globale. C’est ce qui vous permettra de savoir où vous en êtes, quelles aides viser, et comment programmer vos travaux dans les meilleures conditions financières.